Au détour d’un parc, dans le joli bourg de Langenlois, nous avons rencontré Florian. Rencontre prévue par email plusieurs mois auparavant, on ne l’imaginait pas si jeune…et si passionné ! On se demande encore comment cette quantité de connaissances est entrée dans sa tête !

Re-situons un peu : Arche Noah est une association autrichienne indépendante (qui ne reçoit pas de subventions du gouvernement) qui œuvre pour la sauvegarde et la propagation des semences paysannes, locales et anciennes. On la compare souvent à notre Kokopelli français. Arche Noah joue sur plusieurs tableaux :

– la conservation, la propagation et la régénération des semences in situ, c’est-à dire en plein champ. Grâce aux grands jardins de l’association et à son réseau de 13000 membres européens, 600 à 700 variétés sont régénérées chaque année. En pratique, la variété est cultivée dans le but de multiplier ses semences, la faire vivre dans un environnement particulier et sélectionner les semences qui donnent le plus satisfaction : résistance à une maladie, à la sécheresse, précocité…

– la conservation ex situ, c’est-à dire en laboratoire sous forme sèche dans des bocaux (conservation d’une dizaine d’années) : la collection active, ou congelée (conservation d’une centaine d’années). Au total, 5500 variétés font parties de leur collection. Les conditions d’humidité, de température et la qualité des semences sont à observer avec précaution pour une conservation optimale. Bien sûr, en semant une graine congelée dans un siècle, avec toutes les évolutions que notre planète et notre climat auront subi, cette semence saura-t-elle s’adapter ? C’est le danger de faire confiance à des collections 100 % ex situ comme à la banque de graines de Svalbard. Le renouvellement des semences congelées doit être effectué le plus souvent possible et la grainothèque congelée est une sécurité.

– le partage et la transmission des connaissances. « Si tu veux faire vivre des semences paysannes, il faut savoir comment les obtenir mais aussi comment cuisiner le fruit de tes récoltes, une chose de plus qui est perdue avec une simple collection ex situ ! ». En effet, les magnifiques jardins de démonstration et la librairie-pépinière de Schiltern sont une réussite. De plus, de nombreux séminaires, formations, ateliers cuisine, visites guidées sont sans cesse proposés !

Toute la difficulté pour l’association est de garder un juste équilibre entre attraction touristique et réel travail de fond. L’un ne marche pas sans l’autre mais il faut veiller à mettre ses forces aux bons endroits !

Nous déambulons dans les jardins de Arche Noah mais aussi dans ceux de Florian et sa compagne, Marilina, avec les commentaires continus et les anecdotes de Florian qui est décidément insatiable. Petit bout par petit bout, c’est maintenant sur 2 ha qu’ils cultivent et expérimentent leur idée de l’agriculture.

En ces temps de changement climatique, Florian a la volonté de trouver des espèces et des variétés qui sauront s’adapter au nouveau climat autrichien. Par exemple, les variétés de petits-pois communes dans la région sont ravagées par de nouveaux insectes. Alors, pourquoi ne pas essayer de cultiver des pois chiches qui habituellement sont originaires de contrées plus chaudes ? Florian a donc semé une dizaine de variétés : du Kabuli (bassin méditerranéen) au Daisy (Inde). Il observe l’année N ce qui se passe, quelles variétés survies, sélectionne, retente l’année N+1…

Un autre exemple, le maïs (la plupart du temps hybride), très répandu dans de nombreuses plaines d’Europe est très sensible à la sécheresse, le millet (de la même famille) a un comportement beaucoup plus intéressant ! L’Amaranthe utilisée en Europe pour ses feuilles (comme des épinards) pourrait être adaptée pour le grain, comme en Amérique du Sud…

Bref, nous qui n’étions pas branché par la recherche, ça nous donnerait presque envie de faire des expériences ! Avec les semences paysannes, le champ des possibles s’accroît et les paysans ré-apprennent leur métier de sélectionneur en améliorant et adaptant les espèces aux propres contraintes et spécificités de leur sol, leur climat, leur ferme.

Florian nous a fourni une montagne de graines autrichiennes développées par Arche Noah et des graines personnelles (de pois-chiches pardi!).

Merci à eux deux pour ce temps passé avec nous, cet accueil chaleureux dans leur maison et les contacts pour la suite !

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3 réflexions sur “Florian et Marilina de Arche Noah !

  1. Quelle visite passionnante ! et puis c’est bien vert, nous gens du sud, nous sommes toujours étonnés d’autant de couleurs tendres et humides. Les petits pois violets m’intéressent pour mon jardin.
    L’intérieur de la ruche est trop beau, j’ai cru, un instant, qu’il était pendu des sardines !

    Aimé par 1 personne

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